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Québec numérique enrichit son offre d’accompagnement avec Mon commerce en ligne

Québec, le 10 mai 2022 – Québec numérique annonce aujourd’hui son partenariat avec le programme Mon commerce en ligne. Cet ajout vise à enrichir son service-conseil afin d’accroître son soutien à la transformation numérique des commerçants de la ville de Québec. Avec cette collaboration, les détaillants de la ville auront accès, dès le 1er juin prochain, à un programme d’accompagnement supplémentaire qui leur permettra aussi  d’accroître leur visibilité sur le Web et d’optimiser leurs opérations.

Ayant pour but de développer le plein potentiel numérique du commerce de détail québécois, cette initiative de l’Association québécoise des technologies (AQT) en partenariat avec l’École des entrepreneurs du Québec (EEQ) est rendue possible grâce à l’appui financier du gouvernement du Québec et du gouvernement du Canada ainsi qu’à de nombreux partenaires.

Un programme déployé par le service-conseil Virage numériQC 

C’est à travers Virage numériQC, le service d’accompagnement de Québec numérique, entièrement dédié à la transformation numérique des entreprises, que sera déployé le programme  Mon commerce en ligne dans la ville de Québec. Regroupant des programmes de soutien ayant permis d’aider déjà plus de 400 entreprises issues de différents secteurs d’activité, le service-conseil fera appel à l’expertise de ses spécialistes en numérique qui auront le mandat d’effectuer des accompagnements via la plateforme de Mon commerce en ligne.

« Québec numérique se veut un pivot en matière de soutien aux détaillants, nos efforts dans la région le démontrent. Il est donc tout naturel de nous associer au programme Mon commerce en ligne et de continuer de mettre notre expertise à la disposition des gens d’affaires d’ici. » 

– Dominic Goulet, Directeur général chez Québec numérique.

Un ajout aux services d’accompagnement de la Ville de Québec 

Avec le programme Mon commerce en ligne, Québec numérique bonifie son éventail de solutions en accompagnement numérique en ajoutant cette offre complémentaire aux programmes existants. Rappelons en effet que le programme 100% NumériQC, une initiative de la Ville de Québec, également déployée par le service-conseil Virage numériQC, offre un accompagnement gratuit, confidentiel et personnalisé grâce à l’accès aux conseils d’experts numériques afin de répondre aux besoins spécifiques et aux enjeux des entreprises de la ville. 

Le programme Mon commerce en ligne 

Que le commerce de détail en soit à ses premiers pas ou qu’il possède une boutique transactionnelle bien établie, le programme Mon commerce en ligne propose un accompagnement simplifié sur une plateforme clé en main pour combler les lacunes et mettre en place un plan d’action pour augmenter les ventes, déployer de nouveaux marchés, améliorer les opérations et développer le plein potentiel numérique des commerces de détail québécois en toute sécurité. 

Le programme prévoit : 

  • 4 heures de coaching offertes par l’École des entrepreneurs du Québec
  • 10 heures d’accompagnement par un conseiller spécialiste numérique
  • Plus de 100 heures de formation en ligne

Pour être admissible, une entreprise doit respecter les critères suivants :

  • Être une entreprise du secteur du commerce de détail 
  • Avoir moins de 100 employés
  • Avoir moins de 5 succursales ou points de services
  • L’entreprise doit être basée dans la ville de Québec

Coût

Le tarif pour une entreprise est de 750 $ plus taxes. Le coût inclut l’accompagnement, la formation et l’accès à la plateforme de Mon commerce en ligne.

Demandez un accompagnement

Inscription 

Mon commerce en ligne débutera officiellement le 1er juin 2022 sur le territoire de la ville de Québec, mais les détaillants qui souhaitent profiter du programme d’accompagnement, peuvent soumettre leur candidature dès aujourd’hui via le formulaire accessible sur le site Web du service-conseil Virage numériQC. 

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L’enjeu de découvrabilité du contenu culturel québécois sur le Web

La 3e édition du Forum des innovations culturelles s’est déroulée le 12 avril dernier au Terminal - Port de Québec dans le cadre de la Semaine numériQC. La programmation était déployée selon deux thématiques regroupées en deux salles, soit « Innovation » et « Accessibilité ».

Attardons-nous ici au parcours « Accessibilité », consacré spécifiquement à l’utilisation des données dans une perspective de découvrabilité pour le milieu culturel, avec les interventions des professionnels Clément Laberge, Christian Roy, Tammy Lee et Gregory Saumier-Finch.

Le Web a changé : l’importance des données pour la recommandation des contenus culturels

Le Web a 25 ans. Le Web a changé : on est en train de passer d’un Web de la recherche (Web traditionnel) proprement dit vers un Web de la recommandation (Web sémantique), associant une personne avec un contenu. Que l’on pense aux mécanismes de recommandation mis en place avec Google, Netflix, Amazon, iTunes ou Spotify… Comment faire pour que nos contenus culturels se distinguent sur le Web? Il s’agit d’un véritable défi à relever - un enjeu de découvrabilité. Et l’enjeu est le même partout, pour tous les pays.

« Dans ce défi-là, ce qui est difficile, ce n’est pas de connaître l’usager, mais plutôt de décrire les contenus. Et c’est difficile pour le milieu culturel, un réel enjeu. Pour en faire la recommandation, le Web va porter attention aux métadonnées consignées par les “petits robots” qui le gouvernent. Il faut décrire nos contenus pour eux, dans leur langage codé. Il faut, à partir de maintenant, qu’on imagine toutes les pages Web créées jusqu’à présent, tous nos contenus, comme une feuille recto-verso sur laquelle depuis quelques années on écrit que sur le recto, et là, il faut mettre la même information au verso, pour les petits robots... » explique Clément Laberge, consultant indépendant.

(Clément Laberge, 12 avril 2019. Crédit photo : André-Olivier Lyra)

Car, pour tout simplement « exister » dans l’organisation du Web actuel, et que nos contenus culturels soient découverts, il faut rattacher nos contenus à la toile de tous les contenus culturels présents sur le Web et décrire adéquatement et avec rigueur nos contenus avec des données structurées dans les standards à respecter. Mais il faut également le faire de façon commune pour le milieu culturel québécois. Le problème est alors dans la description même, les mots à sélectionner, les critères et les genres à choisir, pour tous s’entendre et aller dans le même sens. Il ne faut pas se battre seulement pour le référencement, comme ces dernières années, mais il faut décrire adéquatement nos contenus : « Et ça va faire en sorte que le travail qu’on fait chacun de notre côté - musée, film, livre, chanson, etc. - va nous permettre de nous installer, nous organiser, collectivement et correctement sur le Web dans une logique de développement de public », complète Clément.

Dans cette perspective, il existe des initiatives et des efforts de la part du gouvernement pour aider à créer les contextes pour favoriser cela : le Plan culturel numérique du Québec, avec la mesure 111 (« Mettre en place un plan d’action concernant les données sur les contenus culturels québécois ») et le déploiement du Réseau ADN

Et concrètement, en tant qu’organisme ou artiste, on commence par quoi? Gardez en tête, lorsque vous effectuerez une refonte de vos sites Web, qu’il faudra alors vous attarder au « verso » de la feuille mentionnée par Clément Laberge : le code, les métadonnées, les données structurées. D’ici-là, il y a aussi des informations que vous pouvez aller porter à des endroits déjà dans la toile des contenus culturels : Wikipédia, IMDB, etc. Inscrire nos artistes et nos oeuvres est déjà une manière d’avancer! L’important étant de prendre conscience de l’enjeu et de s’engager activement dans cette voie...

Quels usages des données pour la commercialisation?

En tant qu’organisme, on peut utiliser les données recueillies et en notre possession pour mieux faire de la commercialisation et proposer des offres ciblées, personnalisées, aux consommateurs. Mais une offre ciblée, c’est quoi? Christian Roy, consultant, nous présente à ce propos l’exemple québécois de la carte Inspire, développée par la SAQ, qui nous propose des offres spécifiques par courriels en s’inspirant de notre historique d’achats.

Quels sont les 5 variables de l’offre personnalisée?

  • La description du produit.
  • Le public-cible.
  • Le moment (quand?).
  • Le canal (le moyen).
  • Et la présentation elle-même, c’est-à-dire la façon de la mettre en valeur.

Pourquoi créer des offres ciblées?

  • Si on cible bien nos offres, on va au bon endroit au bon moment; on rencontre notre consommateur.
  • On est plus efficace; on obtient un meilleur retour sur investissement.
  • On en apprend davantage sur notre clientèle (mesures).
  • L’expérience utilisateur est intéressante et bonifiée.

Avec quelles données peut-on faire des offres personnalisées?

  • Données d’usage (nom, adresse...).
  • Données de préférence (contenus préférés...).
  • Données descriptives (titre d’une oeuvre, langue, géolocalisation, support…).
  • Données historiques (de navigation, de recherche, de partage...).
  • Elles peuvent être structurées (ou pas) pour les exploiter.

Au-delà des exemples internationaux de recommandation, tels Netflix, Amazon et Spotify, Christian démontre également les possibilités pour le monde du spectacle québécois avec l’infolettre ciblée réalisée par Québec Spectacle qui a su présenter des résultats probants.

(Christian Roy, 12 avril 2019. Crédit photo : André-Olivier Lyra)

En effet, comme le mentionne Christian, lorsqu’on souhaite commencer à utiliser des données pour la commercialisation, un bon point de départ est souvent l’infolettre par courriel - qui est une approche relativement facile à mettre en place. Ensuite, il est possible de faire une segmentation de base, selon les préférences indiquées par les usagers (par exemple, la musique, l’humour, le théâtre, dans le monde du spectacle). Vous pouvez aussi coupler cette variable avec l’historique de navigation pour effectuer des recommandations dans votre infolettre. C’est ce que Québec Spectacle a fait avec son infolettre en intégrant une section personnalisée selon les préférences de l’utilisateur et une deuxième section « Des recommandations pour vous ».

Au final, il faut surtout faire attention à la politique de vie privée et expliciter les conditions d’utilisations, et s’assurer de bien mesurer les résultats, les données d’engagement (taux de clics et d’ouverture dans le cas de l’infolettre, par exemple). Pour Québec Spectacle, l’engagement envers les billetteries, suite aux efforts déployés via l’outil « infolettre », a été un succès.

Dans une perspective de commercialisation, il est donc important de :

1) faire l’inventaire de ce que vous possédez déjà comme données;

2) clarifier votre stratégie;

3) identifier une donnée que vous aimeriez accumuler davantage, qui serait stratégique pour votre organisme culturel;

4) vous entourer de professionnels, au besoin (développeurs, entre autres);

5) vous lancer!

Implication de l’intelligence artificielle dans la découvrabilité des contenus culturels québécois

« Le secteur culturel est à la fois vulnérable et inconscient : il existe très peu de métadonnées disponibles pour les machines. Le Web a changé. Comme le disait Clément Laberge ce matin : nous sommes passé de la recherche traditionnelle à la recherche sémantique. Tout a changé, et ce, grâce au progrès de l’IA », rappelle Tammy Lee.

Récapitulons. L’IA existe parce que :

1) le GPU (graphics processing units), au départ créé pour les jeux vidéos, est devenu de moins en moins cher (le processus d’informatique parallèle);

2) après 30 ans d’Internet, on avait assez recueilli de données sur nos vies pour les appeler Big Data;

3) les algorithmes deviennent de plus en plus importants pour la découvrabilité des contenus culturels. Ils répondent directement à nos questions. Le SEO, search engine optimization, est maintenant le AEO : answer engine optimization.

(Tammy Lee, 12 avril 2019. Crédit photo : André-Olivier Lyra)

Et tout cela a un impact. Mais c’est quoi l’impact? Pour que l’IA fonctionne sur le Web, on commence avec des données brutes (le site Web : un lien, une URL). Mais ce n’est pas assez pour l’IA : cela doit être raffiné en informations, une forme utilisable pour les machines. Les données doivent être liées et enrichies de sémantique afin de permettre la connaissance. L’IA est ainsi une forme de « compréhension évaluée », autrement dit : « une réponse ». Donc, on le redit : la recherche Web a changé. « Dans le monde de l’IA, le minimum pour être retrouvé sur le Web est que vos données soient structurées pour les machines. Et ça, c’est le minimum... », confirme Tammy.

Les données doivent ainsi être structurées en métadonnées descriptives de qualité pour la recherche sémantique. C’est pour cela que Tammy Lee et Gregory Saumier-Finch, les fondateurs de Culture Creates / La Culture crée, ont développé l’outil Footlight, qui traduit les sites Web en métadonnées lisibles par les machines pour une augmentation de la découvrabilité :

« Avec l’éditeur de Footlight, il n’y a pas d’entrée de données - no data entry -, les infos sont déjà dans les sites Web. Footlight va lier les informations et créer les métadonnées descriptives pour les spectacles. Et va publier les données structurées sur votre site Web si vous le souhaitez. Un des avantages avec Footlight, c’est qu’on peut gérer la complexité pour vous... Footlight pourrait faire les changements pour vous, et plusieurs organismes, ou secteurs, ultimement, en même temps », mentionne Gregory.

Actuellement, Footlight est disponible au Québec et au Canada, avec l’appui du Conseil des arts du Canada, et est utilisé spécialement pour le secteur des arts de la scène. Une fois les données structurées, on peut alors les lier et les migrer vers le projet artsdata.ca - une propriété collective des données pour le monde du spectacle pour en favoriser la découvrabilité.

Bonne nouvelle : les fondateurs ambitionnent d’élargir à tous les secteurs culturels!

Ce sera à surveiller!


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« Le numérique qu’ossa donne? » L’usager au coeur de l’expérience

Le 6 décembre dernier avait lieu à la Bibliothèque de Drummondville l’événement « Le numérique qu’ossa donne? », faisant suite à l’événement du 11 octobre à Bécancour, organisés par la Direction de la Mauricie, de l’Estrie et du Centre-du-Québec du ministère de la Culture et des Communications du Québec, en collaboration avec Culture Centre-du-Québec et Québec numérique. Cette demi-journée de conférences nous a permis de dégager divers apprentissages face au numérique.

Le numérique au-delà des écrans? Oui, c’est possible!

Lorsqu’on pense expérience numérique, on a tendance à associer cette dernière à des appareils à écrans : ordinateur, portable, téléphone intelligent. Or, Jonathan Belisle de Studio Hello, avec sa conférence d’ouverture sur les expériences immersives et narratives, a su présenter les multiples possibilités d’applications du numérique en-dehors des écrans et des appareils à l’aide d’exemples de projets concrets réalisés.

Notons, à cet effet, la « machine à bienveillance », dont le paysage immersif sonore était modulé et créé par les mouvements de la foule. Grâce à des capteurs qui recueillaient des données, les effets sonores et visuels étaient créés par les déplacements de la foule en temps réel.

Valoriser le patrimoine par le jeu : une question d’expérience utilisateur

Dans un style narratif accrocheur, Geneviève Provencher-St-Cyr de Maelstrom créatif, a démontré comment l’expérience utilisateur a su guider un projet de mise en valeur auprès des jeunes d’un patrimoine historique voué à l’oubli.

L’activité de médiation culturelle « Menace sur la colonie » est une mission Minecraft qui a été développée pour les jeunes de 10 à 17 ans (événement tenu à Lévis en septembre 2017). Avec l’utilisation de Minecraft, une soixantaine de jeunes ont su collaborer pour une journée de jeu vidéo à reconstruire le Fort numéro-3 de Lévis à partir du plan d’origine afin de repousser la menace américaine en 1865.

L’originalité d’une telle application du numérique est l’utilisation d’un jeu immensément créatif et populaire pour redécouvrir le patrimoine historique. L’utilisateur est placé au coeur de l’expérience : le jeu invite ainsi à la création, à la collaboration, à l’apprentissage et au plaisir. Le projet a même dépassé son objectif : il est dorénavant utilisé en classe pour illustrer et accompagner les cours d’histoire!

L’atelier « Remix ta culture » : cocréer avec des partenaires inattendus!

Bérangère Furbacco et Jérôme Frédéric Bouchard (LLIO) ont animé l’atelier de cocréation « Remix ta culture » permettant de réinventer une expérience culturelle enrichie par la technologie. Il s’agit d’un jeu d’innovation codéveloppé par le Living Lab en innovation ouverte et Cpour.ca, où l’on pige des cartes : personnage, action, lieu culturel… pour construire de façon cocréative un récit, une histoire, qui invite les participants à placer l’expérience avant la technologie et à cocréer de nouvelles expériences pour les usagers.

Ce jeu permet de se familiariser avec les nouvelles technologies de façon ludique et de travailler avec des gens d’horizons différents. Chacun ajoute un morceau au portrait qui se dessine progressivement, et fait naître des idées originales; les idées progressent pendant tout l’échange. Au terme de l’activité, les participants doivent raconter une histoire (celle du personnage qu’ils ont pigé) pour partager l’expérience vécue. Les participants, tout en s’amusant, ont su expérimenter l’ouverture, le partage et la collaboration!

De la recherche : pour maîtriser le vocabulaire, connaître les enjeux et mesurer les impacts

Thierry Gateau était sur place dans le but de partager le projet de recherche (2017-2020) soutenu par le Fonds de recherche du Québec - Société et Culture (FRQSC) auquel il participe et qui vise à comprendre les bouleversement occasionnés par le numérique dans les chaînes de valeur de l’écosystème culturel québécois pour les secteurs des arts vivants, de la musique et des arts visuels.

L’étude est en cours et va bientôt amorcer la phase d’études de cas dès l’été 2019. D’une part, cette étude va aider à placer le numérique dans l’écosystème en place et, d’autre part, à distinguer le numérique en tant qu’outil ou discipline artistique. Rappelons que l’étude en est encore à ses débuts et qu’il sera fort intéressant de surveiller ses résultats. Restons à l’affût!

*

Finalement, pour répondre à la question : le numérique qu’ossa donne? Les réponses ne sont pas exhaustives, mais voici ce qui est bon de retenir :

  • le numérique nécessite la remise en question des méthodes de travail, de création et de penser;
  • il implique l’ouverture, la collaboration et le partage;
  • il invite à être à l’écoute de l’environnement et à s’adapter aux changements;
  • il nécessite de placer l’usager au coeur des expériences.

Billet rédigé avec la collaboration de : Samiha Hazgui


« Le numérique qu’ossa donne? Plus que des outils! »

Le 11 octobre dernier avait lieu au Moulin Michel de Bécancour l’événement « Le numérique qu’ossa donne? » et j’ai envie de répondre « Plus que des outils! »

Plus que des outils

Cette demi-journée de conférences organisée par Culture Centre-du-Québec, la Direction régionale du MCC et Québec numérique, a mis en lumière diverses potentialités du numérique, en passant par les laboratoires vivants et l’entrepreneuriat culturel (muséolab du DigiHub de Shawinigan) ainsi que le projet de création en téléprésence « Les offrandes » (le réseau Scènes ouvertes et sa technologie SCENIC).

Par ailleurs, l’intervenant Mériol Lehmann a su dévoiler que le numérique n’est pas seulement une question de technologie. En effet, et comme l’a répété à sa façon Claudine Drolet du Digihub : on choisit une techno pas seulement pour choisir une techno, mais parce que celle-ci sert davantage le projet, la vision artistique sous-jacente. Le numérique en contexte culturel ne se résume pas aux outils, mais a pour vocation notamment de mettre en valeur notre patrimoine à travers des projets innovants.

« Les fondements de la pensée numérique sont dans l’ADN des artistes »

Le numérique, c’est davantage une façon d’interagir entre êtres humains et d’aborder la connaissance, et comme l’a affirmé M. Lehmann, « les fondements de la pensée numérique sont dans l’ADN des artistes ». Tout le schéma de pensée proprement numérique est présent depuis longtemps déjà dans la pensée même de l’artiste, avec

  • sa pensée itérative (le mouvement de l’idée qui épouse de fait le mouvement créatif propre à l’artiste : se remettre en question constamment pour s’améliorer) ;
  • son innovation (pour regarder les choses autrement - l’artiste pense différemment) ;
  • sa créativité, co-créativité et collaboration (toujours collaborer pour avancer ensemble) ;
  • et ses valeurs de partage et d’ouverture.

Et c’est, entre autres, pour cela que les artistes et les organisations culturelles sont les mieux positionnés pour s’approprier le virage numérique!

De la magie de la téléprésence au partage des connaissances

La présentation du projet « Les offrandes » a mis en évidence la force de la coordination dans un contexte de co-création et de collaboration. En effet, grâce à la téléprésence, artistes et techniciens se sont lancés dans une aventure itérative évidente, leur permettant de développer des compétences - à ce point que l’équipe a monté un programme de formation! Ainsi, ils font bénéficier leurs pairs de leur apprentissage et enrichissent les pratiques du milieu.

De la recherche pour une meilleure maîtrise

Même si le milieu culturel présente de grands atouts pour s’approprier le numérique, la technologie entraîne souvent plusieurs séries de changements organisationnels et autres. Plusieurs études sont amorcées pour mesurer et comprendre l’impact de ces changements. Jean-Robert Bisaillon et Thierry Gateau étaient sur place pour nous présenter une étude pour laquelle ils sont mandatés. Cette dernière a pour but de comprendre les bouleversements occasionnés par le numérique dans les chaînes de valeur de l’écosystème culturel.

Ce travail est encore à ses débuts. Il sera fort intéressant de surveiller ses premières étapes et résultats.

On se retrouve le 6 décembre?

Le monde du numérique continue à façonner nos manières d’entreprendre et d’agir. C’est pourquoi la communauté technoculturelle de Centre-du-Québec se donne un deuxième rendez-vous le 6 décembre pour continuer la réflexion sur la transformation numérique et ce qu’elle implique. Restez à l’affût!

 

Billet rédigé avec la collaboration de : Samiha Hazgui


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Événement inter-régional : des facteurs de réussite pour un virage numérique

Le 27 septembre dernier se déroulait l’événement inter-régional en Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent et Estrie - une journée complète interconnectée de conférences et de présentations sur des projets d’innovation numérique. Grâce à la technologie SCENIC des Scènes ouvertes (SAT), trois lieux différents en région (Saint-Camille, Rouyn-Noranda et Rivière-du-Loup) ont ainsi pu enchaîner les interventions toutes plus intéressantes les unes que les autres - de même que des échanges intéressants et constructifs.

Facteurs de succès

Si l’intégration du numérique par les organismes culturels et les artisans suscite beaucoup de questions et bouleverse les façons de faire, tous semblaient enthousiastes quant aux valeurs proposées et valorisées par un tel changement. En effet, « le numérique s’impose comme un facilitateur pour atteindre des objectifs encore plus ambitieux », comme l’a mentionné Samiha Hazgui, ainsi qu’Annie Chénier, avec ses leviers et valeurs d’ouverture, de collaboration et de partage. Retenons, dans cette perspective, les différents facteurs de succès pour un virage numérique adéquat mentionnés tout au long de cette journée, et ce, par l’ensemble des conférenciers :

  • L’accessibilité à de la formation et de l’accompagnement ;
  • La possibilité d’expérimenter, de se tromper, pour mieux recommencer, en utilisant les outils d’innovation ouverte (lieu sécurisé d’expérimentation) ;
  • Tirer profit du réseautage ;
  • Valoriser l'entrepreneuriat et avoir accès au financement pour les solutions stratégiques visant la recherche de l'engagement et la transformation organisationnelle ;
  • Ne pas idéaliser son projet et le numérique, mais plutôt assumer l’incertitude et les erreurs pour mieux aller de l’avant ;
  • L’émergence de pratiques pour collaborer de façon plus efficace ;
  • La mutualisation des connaissances ;
  • Valoriser la collaboration comme mère de tous les « cocos » (co-working, co-création…) ;
  • La compétition qui devient collaboration ;
  • L’humain demeure au centre des réflexions et des actions (« ça ne peut pas exister sans toi! ») ;
  • Adopter une posture de « pirate/hacker » (l’importance de regarder ce qui s’est déjà fait, pour « voler », avancer).

Chose certaine : à tout cela s’ajoute la persévérance, comme valeur essentielle, à ne surtout pas oublier! Ce qui a été effectivement rappelé à quelques reprises pendant la journée. Car si des éléments peuvent parfois donner un mal de tête, il reste que le coeur du virage numérique fait la part belle à la collaboration et au partage d’expériences et de solutions.

 

Un événement inter-régional

Ce genre d’expérience devrait être encouragé et multiplié! L’anéantissement des distances inter-régionales par la technologie nous a permis la rencontre et la découverte de différentes réalités et projets innovants. Le numérique a su démontrer qu’il est au coeur du développement territorial et régional. Le numérique est notamment un levier adéquat pour contrer les distances (on sait que c’est un enjeu de taille!) - défis que la technologie SCENIC a su relever! On sait aussi que cela ne se fait pas en un simple claquement de doigts… En deux mots : bravo, continuons!